Vendredi 16 juin
C’est le jour J. Après des mois d’attente, le compte à rebours est enfin achevé.
Il est 5h40 quand ma tante me laisse à l’aéroport Roissy - Charles de Gaulle à Paris. Je me fais enregistrer. Un mal de ventre m’incommode depuis mon réveil, je suis stressée qu’il m’arrive quelque chose avant mon arrivée à Bombay et je suis tellement impatiente de retrouver mon chéri !
La douane passée, je m’assois dans le hall d’où je vois les avions ainsi que le soleil se lever tout doucement. L’attente est longue. J’envoie un SMS à Nicolas. Je n’arrive pas à réaliser que ça y est, je vais le rejoindre après tout ce temps passé loin de lui. Un mois et demi auparavant il était assis au même endroit.
7h, on embarque, je me précipite. Je suis placée à côté du hublot. A 7h30, l’avion démarre et commence à rouler sur la piste, puis s’envole. Ça y est, je quitte le sol français, je ne le retrouverai que dans deux mois et demi. Je ne réalise toujours pas que je pars rejoindre mon chéri. Je n’ai qu’une peur c’est lorsque je serai à l’aéroport de Zurich, en Suisse.
Les nuages sont magnifiques vus de dessus. Un vrai champ de coton ou de barbe à papa !

J’ai l’impression qu’on vient juste de décoller que nous sommes déjà en train de redescendre. A 8h50, je pose le pied en Suisse pour la première fois. Je regarde les panneaux et je suis les indications. C’est très bien indiqué, ouf ! Je prends le métro pour rejoindre l’autre partie de l’aéroport et là j’arrive dans la salle d’embarquement de mon vol. Je suis tout de suite rassurée car les passagers qui m’entourent ont l’air d’être indiens.
Mais là, grave problème ! Je ne peux pas envoyer de SMS à mon chéri ! Je reçois son SMS mais je ne peux pas lui répondre… Je m’énerve car j’aurais aimé lui dire que j’avais fait bon vol et que j’allais embarquer. De plus, si mon portable ne recevait pas en Suisse, comment je ferai pour le joindre en Inde s’il m’arrive quelque chose ? (Mon portable ne s’est mis à remarcher que deux jours après mon arrivée en Inde… merci SFR...)
9h30, on peut embarquer. L’hôtesse à l’entrée de l’avion me salue en allemand, je lui réponds en français et elle se rectifie par un « bonjour ». J’arrive dans l’une des deux grandes allées principales et là je n’en reviens pas, c’est grandiose ! Ma place se situe dans la colonne centrale sur le bord droit, personne à ma gauche. Face à moi un écran vidéo pour voir des films, c’est trop bien !!! Il nous indiquera individuellement le trajet tout le long du vol. Autour de moi plein d’indiens, oui je pars en Inde, je ne me suis pas trompée d’avion.
10h, l’avion décolle. Je réalise enfin que je vais revoir mon chéri dans seulement 7 heures. Je suis alors tout excitée. La grande aventure commence !
Pendant une heure, je regarde partout autour de moi, je tourne dans tous les sens, je ne tiens pas en place telle une petite fille qui va retrouver ses parents quittés deux semaines plus tôt, mais je suis encore plus excitée car c’est mon chéri que je n’ai pas vu depuis un mois et demi que je vais retrouver !
Je m’endors une petite heure, parce que je n’ai dormi que 3h30 cette nuit. A mon réveil, je regarde la fin d’un film, on me sert à manger. Les hôtesses n’ont pas cessé de nous nourrir et de nous servir à boire, c’était super ! Ça faisait des occupations, parce que 7h dans un avion, assis, c’est fort long ! Je regardais sans cesse le temps de vol qu’il nous restait à parcourir. « Plus que 3 heures ! », « Plus que 2h ! », « 20 minutes !!! ». Presque j’aurai demandé au pilote d’aller plus vite.
21h, heure locale, on s’approche de Bombay, je regarde par le hublot en me penchant péniblement sur le côté. C’est magnifique, la nuit est noire et on voit poindre les lumières de la ville. C’est marrant car il n’y a presque pas d’éclairage, contrairement aux grandes villes riches.
Un mal aux oreilles me fait énormément souffrir et il ne me quittera qu’une heure après l’atterrissage. Je n’entends presque plus du côté droit, sensation très désagréable.
21h10, on se rapproche dangereusement de la piste. Mon voisin à l’autre bout de la rangée centrale fait une prière, c’est rassurant…
21h20, on atterrit. Et on roule, et on roule, et on roule, pendant une éternité ! Je n’en pouvais plus, je sautais en l’air d’excitation ! Si c’est pour traîner comme ça, j’aurai fait le chemin restant à pied en courant !
On peut enfin descendre ! Alors là je reste concentrée et je suis tout le monde pour ne pas me perdre. Je donne mon papier au service de l’immigration. Puis je rejoins le hall où défilent nos bagages. Le mien se coince à l’entrée du tapis, alors je cours le libérer. Je le mets sur mon dos et je continue mon chemin qui me paraissait interminable. Mais un agent m’arrête et me demande quelque chose et je comprends qu’il veut que je lui donne mon papier d’immigration alors je le remplis en deux deux, mais je prête gentiment mon stylo à une femme ce qui me fait perdre un temps fou…
J’arrive enfin dans le hall des arrivées. Mais les visiteurs n’ont pas le droit d’entrer dans le hall. Il fallait sortir de l’aéroport pour retrouver nos proches. Un troupeau de monde agglutiné contre les barrières à l’extérieur. Et c’est parmi ce troupeau que j’aperçois mon chéri tellement bronzé qu’il se confondait aux indiens. Impossible d’aller directement vers lui, des barrières étaient dressées entre lui et moi. On se sourit à n’en plus finir et je marche très vite pour essayer de le rejoindre. Je trouve enfin une brèche entre deux barrières et l’on se jette l’un sur l’autre. Nicolas m’a amené jusqu’au taxi main dans la main en se faisant des bisous. Il faisait chaud, sûrement 30°C à 10 heures du soir, ça surprend ! Qu’est-ce que ça devait être la journée !
Dans le taxi, je n’arrivais pas à réaliser que j’étais à Bombay avec mon chéri. On se serrait la main et j’avais envie de lui bouffer la bouche de bisous mais c’est mal vu en Inde alors je me suis retenue et je ne lui ai fait que des petits bisous.
Sur la route, ça klaxonne de partout, les voitures roulent comme des folles à passer très près de la nôtre, et moi j’ai trop peur ! Des gens traversent malgré tout la route, sans se rendre compte du danger. Même à une heure aussi tardive, le monde est omniprésent : voitures, taxis, motos et scooters avec 3, 4, voire 5 personnes dessus !!!, des gens qui tirent des chariots, des gens qui portent des gros machins sur la tête, des gens à quelques centimètres de la route en train de dormir près de leur maison de tôle. Voir des gamins dormir dans la poussière, la pollution des voitures, le bruit et surtout si près de la route, c’est vraiment triste… Je n’avais jamais vu de reportages sur l’Inde, mais j’avais lu quelques articles dessus, on en avait aussi parlé au lycée, et tout cela m’avait donné une petite idée de ce qu’était l’Inde. Mais, voir d’un coup que tout cela est bien réel et voir en plus des choses d’autant plus étonnantes… ça fait bizarre… Tellement bizarre, que cela additionné au fait que j’étais assise à côté de mon chéri que je n’avais pas vu depuis 48 jours, dans un taxi où le chauffeur conduisait à l’inverse de nous, je me croyais dans un de ces rêves que l’on fait la nuit et que l’on croit vraiment vivre alors qu’il se passe des choses tellement improbables que l’on sait très bien que l’on rêve, mais là c’était bien réel…
Bombay ou Mumbai (nom officiel depuis 1995) est la plus grande ville d’Inde et la capitale de l’Etat du Maharashtra. C’est la 6ème agglomération la plus peuplée du monde avec ses 16 millions d’habitants. Bombay est une île reliée à l’Inde par plusieurs ponts. Bombay est bordée par la mer d’Oman appelée aussi mer d’Arabie.
L’aéroport se situait au centre de Bombay et l’hôtel où Nicolas avait posé son sac était au sud dans le quartier Colaba. Il nous a fallu 45 minutes pour rejoindre le « Bentley’s Hotel ». J’avais eu ainsi un aperçu de la ville, avec une architecture vraiment différente de celle que je connais et j’avais surtout eu un bref aperçu de la circulation indienne où le code de la route est très peu respecté.
L’aller-retour en taxi a coûté à Nicolas 700 Roupies (700Rs) soit presque 12€.
La chambre d’hôtel est très correcte avec un grand lit, une salle de bain et la télé. Je découvre la salle de bain indienne avec des toilettes comme chez nous, un lavabo et une douche où le bac de douche est en fait tout le sol de la salle de bain et l’eau s’en va par un trou dans le sol. Je trouve ça très pratique.
Une bonne douche a été la bienvenue parce que la chaleur était vraiment désagréable. Je me voyais mal supporter cette température pendant 73 jours ! Heureusement, au-dessus du lit, un ventilateur nous rafraîchissait.